07 octobre 2016

Blanc Roy - 2° tome de la trilogie Bleu rêve Blanc Roy Rouge sang

Les éditions ELLA publient le 2° tome de la trilogie historique semi-graphique "Bleu rêve Blanc Roy Rouge sang" alors que je viens d'apprendre que le 1° "Bleu rêve" est finaliste du prix des Ecrivains de Vendée!

Cette seconde partie débute sur les bords de la Loire, à Saint-Florent-le-Vieil, en octobre 1793. L'armée vendéenne est en déroute: Bonchamps est mourant, d'Elbée et lescure grièvement blessés. Mue par la panique, la foule traverse la Loire pour chercher un secours hypothétique en Bretagne. Pierre, Marie-Catherine et la plupart des habitants de la paroisse sont là.

Travestie, Gabrielle suit le flot bien malgré elle, afin de ne pas se séparer d'Henri de La Rochejaquelein, son général. Mais celui-ci,  nommé généralissime contre son gré, lui demande aussitôt de ne plus l'approcher: aurait-il percé le secret de la jeune fille?

La longue marche des Vendéens, la "Virée de Galerne", commence. Les armées républicaines lancent la traque. Charles de Chamblain échafaude un plan pour capturer Henri et, sans doute, ramener sa soeur à la raison.

Un second tome plus resserré dans le temps, plus haletant aussi. Nos héros se retrouvent dos au mur et doivent faire face à la faim, la maladie et la peur. Le temps est venu d'être plus grands qu'ils ne peuvent l'être, plus forts qu'ils ne le sont, le temps est venu de se battre pour gagner quelques heures, de mentir pour ne pas s'écrouler. Le temps est venu de rester vivant.

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Couverture/ Delphine Marchal.

Un extrait:

"Le cortège semblait infini. Les canonnades venues d'un petit village ne décourageaient personne. Gabrielle était épuisée, mais toujours, toujours, de nouveaux fuyards arrivaient. Toujours, il fallait repousser les plus hardis, aller chercher les plus timides, parler fort, rassurer. Les mots de réconfort, elle les adressait aux autres. Les deux régulateurs s'étaient fait remplacer pour traverser à leur tour. Le passeur avait changé lui aussi. Le froid, la faim, la peur la tenaillaient. Des femmes, paniquées, l'insultèrent. Elle regarda, pensive, les ombres s'étendre sur Varades, en face. Si près, à quelques battements d'ailes. Si loin, un autre monde. 

Les barques continuaient d'amener les passagers aux îles, où de nouvelles embarcations les prenaient en charge. Gabrielle sentit ses jambes fléchir et tomba à genoux dans la boue. Personne ne fit un geste vers elle. Trèfle hennit. Elle se releva péniblement, s'accrocha au licol de son cheval, qui lui souffla de l'air chaud. Elle parvint à se mettre en selle et entreprit de remonter la pente. L'église la surplombait, sentinelle silencieuse. Gabrielle s'arrêta : les prisonniers ! Elle n'avait pas envie d'entrer dans Saint-Florent pour y piétiner des cadavres.

Trèfle s'ébroua : l'air était froid, le vent toujours vif. Gabrielle se sentit perdue. Un guetteur, en haut du clocher, poussa un cri d'alarme : « Les Bleus, les Bleus arrivent ! » Une claque n'aurait pas mieux réveillé la jeune fille. Embrassant les barques en un clin d'œil, elle piqua droit sur celle où peu de gens s'entassaient. Elle sauta dedans in extremis, maintenant fermement la bride de son cheval, qui nagea péniblement le long de la coque, soutenu par les encouragements de sa maîtresse et de quelques passagers. La passeur ne s'arrêta pas sur une île, et fila droit sur la rive droite. On ne discernait pas si des retardataires attendaient encore, et personne ne chercha à savoir. On se rassurait en se rappelant que bien peu de gens restaient sur la berge et qu'il restait quelques barques."

ch10web

 

Posté par Elglin CjM à 15:36 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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