10 avril 2013

Contes et légendes...ELLA

ELLA a une jolie petite collection "Contes et légendes..."

J'ai pour ma part eu le plaisir de participer à "Contes et légendes de Vendée 1 et 2" et "Contes et légendes de Paris", en tant qu'atue ret illustratrice.

Comme l'indiquent les titres, ce sont des recueils collectifs de contes et légendes variées, autour d'objets, de lieux, de personnages des régions citées.

Plutôt qu'un long discours, je vous donne quelques extraits.

La rue des rosiers

"Après quatre jours de visites acharnées et de parcours frénétiques entre les hauts lieux touristiques de la capitale, j’avais décidé de me promener dans les lieux historiques oubliés, dans le sens où ils ne drainent pas la foule mais possèdent un caché et une âme.

Le guide que j’avais acheté me proposait une rue très ancienne, au nom prometteur : « la rue des rosiers ». Je goûtais par avance la splendeur qu’allait m’offrir la vue de milliers de rosiers, parfum enivrant et pétales chatoyants, au milieu du gris de Paris.

Je vous laisse imaginer ma déception en découvrant une rue quelconque, banale, ornée de fenêtres aveugles et de portes fermées, où aucun rosier ne pointait la moindre épine.

Peut-être parlai-je tout haut, je ne crois pas m’en souvenir. Toujours est-il qu’un vieil homme courbé, que je n’avais pas entendu venir, me souffla : « Les rosiers ne fleurissent plus ici depuis bien longtemps. À vrai dire, ils n’y ont jamais vraiment fleuri. Sauf en une occasion… »

L’étrange personnage semblait très âgé, mais ses traits restaient dynamiques sous la broussaille de ses sourcils gris. Il était de ces personnes dont l’âge est indéfinissable, et qui ont une aura mystérieuse et bienfaisante. Je le saluai, encore sous le coup de la surprise.

« Alors, pourquoi l’appelle-t-on la rue des rosiers, m’indignai-je poliment. C’est absurde !

-Si vous avez quelques minutes à perdre, ou à gagner, à vous d’en juger, laissez-moi vous raconter l’histoire qu’on tait, parce qu’elle est trop belle pour être vraie. "

Fleurs d'étoiles (sur la Ste Chapelle)

"Il fait bien froid ce jour-là sur Paris. L'hiver a décidé de montrer sa force et le gel, la neige et le vent du Nord glacent le moindre recoin des rues. Même le roi dans son palais grelotte.

Sa mère est morte moins d'un mois plus tôt : la reine Blanche, si juste et si pieuse, s'en est allée. Le cœur du roi se serre, le cœur du roi a froid. Il n'a envie de rien et la nuit glaciale au-dehors le glace au-dedans.

Son épouse et ses enfants sont dans leurs appartements : ils se préparent pour la messe de minuit, qui sera célébrée dans quelques instants.

Car en ce soir sombre de 1252, c'est la Noël.

Le roi est très pieux. Il rajuste sa tunique brodée d'or et se lève en soupirant. Il va prendre place dans la chapelle haute, auprès de sa famille déjà en prière.

Les chandelles que les serviteurs ont allumées dans la soirée illuminent de reflets changeants les fins piliers qui se perdent dans l'obscurité du plafond, noir comme la nuit. Dans cette lumière timide, le bleu royal qui paraît si vif au soleil prend des allures de néant."

Le jeu de l'alouette  (Vendée 2, sur le jheu de carte de l'aluette)

"Au bout d'un moment, Monsieur en eut assez et sortit son jeu de cartes : il les battait énergiquement quand un homme long et mince, bien bâti, portant sur son teint hâlé et ses cheveux noirs en catogan l'air fier des hommes du Sud, s'approcha de leur table et lui posa une main sur l'épaule. La taverne n'était pas bien famée, mais pourtant, les autres clients retinrent leur souffle : personne ici n'aurait osé être aussi familier avec cet ours de Monsieur ! Celui-ci d'ailleurs plongea un regard noir dans les yeux de l'étranger : la lueur sombre et flamboyante qui parut un instant dans les prunelles abyssales de l'homme le fit frissonner. Les autres aussi observaient cet inconnu si digne et sûr de lui, de qui émanait une aura puissante.

« Qu'es' tu veux ? grommela Monsieur en continuant de battre les cartes.

-Vous aimez jouer aux cartes, messieurs ? demanda l'homme brun d'un ton affable et sans aucun accent. Permettez que je vous propose un nouveau jeu fort plaisant. » Il tira de la poche de son petit gilet rouge un superbe jeu de cartes qu'il posa bien en vue sur la table. Déjà, les compagnons se voyaient mettre la main dessus et le revendre à bon prix."

PierreMerlière

HteMaréepiti

Posté par Elglin CjM à 22:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]